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C'est gràce à un cousin de Denise Vernet que nous avons pu retrouver Sylvain Joffre, certainement l'un des derniers si ce n'est le dernier Zouave du 14RZ.
Fait prisonnier du côté de la forêt de Mormal lors de la retraite de Belgique, Sylvain passa 5 ans en Allemagne (Prusse orientale à Osterode) dans une ferme d'état. Il fut libéré par les soldat soviétiques, et ce fut le début d'une longue très longue histoire pour rentrer chez lui.
Il est important de noter combien cet homme nous a semblé être en paix avec lui même, sans aigreur de ce qu'il avait vécu entre les Allemands et les Soviétiques.

C'est Thérèse Plasson qui a mené l'interview avec son brio habituel, elle a su bien cadrer le dialogue afin que l'on puisse comprendre aisément les tenants et aboutissants de cette épopée.

Merci à Sylvain et ses enfants qui nous ont accueillis à bras ouverts.

Sylvain Joffre un centenaire à la mémoire vive.

Thérèse Plasson en plein interview

Toute l'équipe. De G à D:
Au premier plan, Sylvain et Thérèse.
Debout: Marie-Françoise, Jacques, Catherine Joffre , Anne-Sylvie et Samuel.

Nous allons retrouver 3 des 4 officiers  dont on raconte l'histoire dans le premier volet du film:
Le Lt Henri PLASSON
Le Lt Christian DEVEDELLY
Le Lt Maurice DEBARD

C'est après le défilé glorieux de Lille en date du 1er juin 1940 qu'ils vont être déportés au camps d'Hoyerwerda en Silésie , proche de la frontière polonaise.

Ils y resteront 5 longues années...

Christian deVédelly (1er à gauche), Maurice Debard (2ème à gauche) et Henry Plasson (4ème à gauche).



La photo sur laquelle on reconnait les Lieutenant PLASSON et DEBARD

S'agissait il d'une photo des membres de la popote
"LA BODEGA" ?

Nous sommes portés à la croire car gràce à Jean DEVédelly nous savons que le premier à gauche est son papa, Christian DEVEDELLY et le barbu à droite est VERCHAIN.

Or les membres de la Bodega (la popote certainement l'une des plus grande du camp car elle comptait 8 officiers, on sait aussi que la popote  d'Albert Masson en comptait 10) comprenait selon le carnet d'Henri Plasson:
Philippe, Debard, Langouët, DeVédelly, Clement, Verchain, Allard et Plasson.

En ce qui concerne les prisonniers, ils furent transférés en Allemagne, et pour mon père ce fut le OFLAG IV D.
Le camp était dans le village d'ELSTERHORST (aujourd'hui NARDT), et comptait 6500 officiers dont certaines personnalités du monde artistique (André Payan)  et philosophique (Jean Guitton, Patrice de la Tour du Pin)...

La captivité dura 5 longues années, et j'ai pu retrouver les correspondances entre mon père et ma mère , correspondances qui donnent une idée de ce que pouvait être la vie dans ces camps.

Les officiers , selon les conventions de Genève  ne travaillaient pas, mais s'occupaient à de multiples tâches, jardinage, théatre, conférences...

Et ça continue ...
L'histoire des officier camps ID (venant du 14RZ et d'autres) ne va pas s'arrêter là . En effet, certains on quitté le camps en février 1945, escortés par des Allemands, en direction de l'Ouest, dans des conditions épouvantables d'hygiène et d'efforts surhumains. Beaucoup moururent d'épuisement...Puis ce fut la rencontre avec l'armée américaine, de violents combats avec les Allemands, qui permirent enfin la libération des officiers.
C'est Marc Vignolles, chef de bataillon honoraire , qui nous contera cela avec son accent chantant si agréable à entendre . Et pourtant, ce qu'il va nous dire, nous tirera les larmes, à nous et à lui, et souvent nous dira il, un terrible sentiment de révolte montait en lui ... mais c'était l'Allemand qui tenait le fusil.

Un autre groupe, parti lui aussi en février 1945 emmené par les Allemands vers l'ouest échoua à la forteresse de Colditz (voir plus bas).

D'autres officiers furent "libérés" par les Russes, et quand je dis libéré, c'est un euphémisme. En effet les Russes emmenèrent les officiers vers l'est, ce qui n'était pas vraiment le chemin du retour en France...Après des marches et des voyages en train , la frontière russe fut passée du côté de Brest-Litovsk. Mais qu'allaient donc devenir ces officiers , et surtout quelle idée avait Staline derrière la tête ? Pourquoi se demande Thérèse Plasson , son père a t'il écrit dans ses carnets :"On a faussé compagnie aux Russes" ? Pourquoi furent ils cantonnés durant 3 semaines à Sluzk , qui était aux dires des historien la plateforme de regroupement pour envoyer des hommes en Sibérie ??? dont beaucoup ne sont jamais revenus, selon les nombreux témoignages ? Pourquoi ? telle est la question que nous nous posons, et ce mystère est loin d'être éclairci ...

Les Messages.


Ci dessous les 3 premiers messages expédiés par mon père à ma mère depuis le OFLAG IV D. Ces messages sont datés de fin juin. Il fallait que les Allemands s'organisent, et ainsi on peut constater que les cartes étaient initialement prévues pour le OFLAG IV A (un D a été ajouté sur le A).

On note que la première information donné est la notion de bonne santé, puis il est stipulé ce qui peut être envoyé, enfin l'adresse.

Il s'agit ici du tout premier message adressé par mon père à ma mère. Il porte le N°1 et semble très rare.
On note que le titre Oflag IVD n'existait pas encore, car les Allemands devaient eux aussi s'organiser.

















Les nouvelles sont brèves dans ces message , principalement "je suis en bonne santé", ce qui veut dire "je suis vivant".
N'oublions pas que les femmes vivaient dans la hantise de voir arriver les gendarmes leur annonçant la triste nouvelle, et nombreuses sont les femmes ou fiancées des soldats du 14RZ qui vécurent ces drames.

Quelques jours plus tard les Allemands donnent des cartes  estampillées au IV A. Il faut vider les stocks...

C'est grâce à l'association Mémoire et Avenir
http://www.memoireetavenir.fr/
que nous avons retrouvé la trace du Cdt Vignolles, sous lieutenant à l'époque et qui a passé 5 ans au IVD avec nos pères.
Son interview est donc passionnante.

Le Cdt Marc Vignolles et Sam.

Témoignages. C'est le neveu du Lt Debard, Georges GUILLEMIN, de Villefranche sur Saone, qui le reçut dans sa famille lors de son retour. Il a pu nous décrire ce retour chargé d'émotion, mais aussi un oncle dans un triste état.
Il nous a bien confirmé qu'il s'était échappé de l'emprise des Russes, en direction d'Odessa pour revenir en train (les lignes commençaient  de nouveau à permettre la circulation des trains) en plusieurs semaines.

En fait, les Lieutenants Debard et Pantet quittèrenet le IV D en janvier 1945, emmenés par les Allemands à la forteresse de Colditz où ils restèrent plusieurs mois en "crevant de faim". Plasson et De Vedelly, trop faible, ne pouvaient pas marcher et restèrent au camp. Ce sont les soldats soviétiques qui assurèrent leur libération, et les tranfèrent jusqu'au camp de Sluzk (Zlousk) en Belarusse (Biélorussie).

Debard et Pantet quant à eux furent ensuite transférés au camp de Zeithain, plus vers l'est par raport à Colditz et là ils furent libérés par les soviétiques. Ensuite, ils marchèrent vers l'est, et retrouvèrent Henri Plasson à Zagan. (Ce camp qui a inspiré le film " La grande évasion".)
De là, nos deux officiers essaie de rejoindre Odessa, mais s'arrêteront à Bunzlau, car les bateaux anglais ne rapatrient plus les prisonniers. A Bunzlau ils pourront prendre un train qui les ramènera à Saverne, relativement tôt.

Ceci explique peut-être le fait qu'avec son ami Roger (Pantet) ils soient signalés à Savernes deux mois avant leurs amis Plasson et DeVédelly.

Georges Guillemin tout à gauche.